Effet biphasique du CBD : qu’est-ce que c’est et pourquoi il se produit

Aujourd’hui, sur le blog de Cannactiva, nous vous présentons un article de recherche sur les composants du cannabis, l’une des plantes les plus complexes qui existent et qui ne cesse de surprendre la science.
Aujourd’hui, nous nous arrêtons sur l’effet biphasique, un schéma de réponse dépendant de la dose — la fameuse courbe en cloche — que l’on n’observe pas seulement avec le CBD, mais avec les cannabinoïdes en général (y compris le THC) et même avec ceux que produit notre propre corps.
En substance, l’effet biphasique repose sur quelque chose de contre-intuitif : il semblerait que l’effet des cannabinoïdes augmente avec la dose jusqu’à un point optimal puis, au-delà, décline. Par exemple, saviez-vous que, dans des études sur l’anxiété, une dose de 300 mg de CBD a réduit le stress, alors que ni 150 mg ni 600 mg n’ont obtenu le même effet ? Restez avec nous et découvrez-en plus.
Si vous souhaitez une approche plus pratique des doses de CBD (gouttes, mg, selon l’objectif), retrouvez-la dans notre guide sur la dose optimale de CBD.
Qu’est-ce que l’effet biphasique (ou effet en cloche) du CBD ?
Le cannabidiol (CBD) s’est fait une place auprès de celles et ceux qui cherchent des alternatives naturelles pour la relaxation et le bien-être. On entend souvent l’idée selon laquelle « plus il y a de CBD, plus il y a de relaxation ou d’effet », mais avec les cannabinoïdes, la réalité est bien plus intéressante.
L’un des phénomènes les mieux décrits dans la réponse aux cannabinoïdes est l’effet biphasique, aussi appelé effet en forme de cloche ou courbe en U inversé. Le comprendre est essentiel pour tirer le meilleur parti du CBD, car il explique pourquoi une dose modérée peut fonctionner mieux qu’une dose très élevée.
Définition de l’effet biphasique
L’effet en forme de cloche du CBD, également connu sous le nom d’effet biphasique ou de courbe en « U » inversé, est un schéma de réponse dépendant de la dose : l’efficacité du CBD augmente à mesure que la dose monte, mais seulement jusqu’à un certain point. Au-delà de ce point, continuer à augmenter la dose conduit à une diminution des effets.
Autrement dit : selon la dose, on peut obtenir deux types de réponse. Une réponse positive (lorsque l’on est proche de la dose optimale) et une réponse nulle ou diminuée (lorsque l’on reste en deçà ou, surtout, lorsque l’on en prend trop).
La courbe dose-réponse en forme de cloche
Si l’on représentait l’effet du CBD en fonction de la dose, on n’obtiendrait pas une ligne qui monte sans fin, mais une cloche : le bénéfice croît, atteint un maximum (la dose optimale), puis retombe. Rester en dessous comme dépasser ce maximum réduit l’efficacité.

Réponse positive contre réponse nulle
Il convient de préciser ce que signifie « réponse négative » dans ce contexte. Dans le cas du CBD, une réponse « négative » n’implique généralement pas un effet nocif, mais plutôt une réponse nulle ou une efficacité diminuée : le corps cesse simplement de répondre comme il le ferait avec la dose adéquate.
Pourquoi le CBD produit-il cet effet biphasique ?
L’effet en cloche des cannabinoïdes se produit en raison des interactions complexes entre les cannabinoïdes et leurs récepteurs au sein du système endocannabinoïde.
L’interaction des cannabinoïdes avec leurs récepteurs
Le système endocannabinoïde régule l’équilibre (homéostasie) de l’organisme à travers différents récepteurs, principalement CB1 et CB2.
La réponse à un cannabinoïde n’est pas linéaire car, selon la dose, des circuits différents s’activent ou se modulent. Dans le cas de l’anxiété, par exemple, on a proposé que l’équilibre entre la neurotransmission excitatrice et inhibitrice (avec la participation des récepteurs CB1 et GABA-B) aide à expliquer pourquoi une dose intermédiaire ou modérée peut être plus efficace qu’une dose élevée (10).
Cela se produit aussi avec le THC et l’anandamide
L’effet biphasique a surtout été décrit pour le CBD et le THC ou tétrahydrocannabinol (1, 2, 3), bien qu’on ait suggéré qu’il apparaisse aussi avec d’autres cannabinoïdes.
Mieux encore : ce phénomène semble s’étendre aux endocannabinoïdes — les cannabinoïdes que produit notre propre corps —, puisque l’anandamide peut présenter une réponse en forme de cloche lorsqu’elle est administrée à partir de sources synthétiques (4). Tout cela suggère que l’effet biphasique est une caractéristique assez générale de la façon dont l’organisme répond aux cannabinoïdes.
L’effet biphasique des cannabinoïdes comme exemple d’hormèse
L’effet en cloche du CBD s’inscrit dans un principe plus large de la pharmacologie et de la toxicologie : l’hormèse. L’hormèse décrit précisément ce type de réponse biphasique, dans laquelle des doses faibles ou modérées d’une substance produisent un effet bénéfique ou stimulant, tandis que des doses élevées le réduisent ou l’inversent. Ce n’est pas un hasard si une partie de la recherche sur l’effet biphasique des cannabinoïdes provient d’auteurs de référence dans le domaine de l’hormèse (1).
Cette idée rejoint un principe classique : ce qui compte, ce n’est pas seulement la substance, mais la dose. Pour le CBD, cela se traduit par quelque chose de très concret : trouver le point optimal importe davantage que chercher la dose la plus élevée possible.
Pourquoi est-il important de comprendre la courbe en cloche lorsqu’on utilise du CBD ?
Comprendre l’effet biphasique est crucial pour exploiter le potentiel du CBD. Une dose trop élevée peut entraîner une absence de réponse, alors qu’il est très probable que le soulagement aurait été obtenu avec une dose plus faible.
De plus, l’effet biphasique souligne l’importance des doses personnalisées : des facteurs comme le métabolisme, le poids ou certaines particularités individuelles font que la réponse varie d’une personne à l’autre. Une dose qui est « faible » pour quelqu’un peut être la dose optimale pour une autre personne, et inversement.
Un exemple très clair est fourni par la recherche sur l’anxiété : lors d’un test de prise de parole en public, une dose de 300 mg de CBD a réduit le stress, mais le même effet n’a pas été observé avec 150 mg ni avec 600 mg (7, 8). Autrement dit, ni trop peu ni trop : le juste milieu s’est révélé le plus efficace.
Si ce que vous recherchez, c’est la partie pratique — combien de gouttes, combien de mg et comment ajuster la dose selon votre objectif —, nous le développons pas à pas dans notre guide sur la dose optimale de CBD.
Gardez à l’esprit, par ailleurs, que la voie par laquelle vous consommez le CBD influence la dose nécessaire et la rapidité avec laquelle vous en ressentez les effets : il ne s’absorbe pas de la même manière par voie sublinguale que par voie topique ou inhalée. Nous passons en revue toutes les options dans notre guide sur comment consommer le CBD.
Que se passe-t-il si vous prenez une trop grande quantité de CBD ?
Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le CBD est, en général, sûr et bien toléré. Mais une consommation excessive peut entraîner des effets indésirables, comme :
- Fatigue ou somnolence excessive
- Modifications de l’appétit
- Sécheresse de la bouche
- Troubles gastro-intestinaux
- Légère baisse de la tension artérielle
Au-delà de la courbe d’efficacité, c’est une autre raison de ne pas en abuser. Si vous vous demandez jusqu’où va cet excès, nous l’abordons dans notre article sur le surdosage de CBD.
Conclusion
L’effet biphasique du CBD nous rappelle qu’avec les cannabinoïdes, une dose plus élevée n’équivaut pas à de plus grands bénéfices. L’efficacité suit une courbe en cloche : il existe un point optimal, et rester en deçà comme en faire trop fait diminuer l’effet.
La leçon pratique est simple : commencer par des doses faibles ou modérées et ajuster progressivement jusqu’à trouver la quantité qui fonctionne le mieux pour chaque personne. À mesure que la science continue d’étudier les cannabinoïdes, le CBD se révèle toujours comme un allié intéressant pour le bien-être. Pensez à toujours consulter un professionnel de santé avant de l’intégrer à votre routine.
Ceci est un article informatif qui ne prétend pas prévenir, diagnostiquer ni traiter aucune maladie. Son contenu peut compléter, mais jamais remplacer, le diagnostic ou le traitement de toute affection. Les produits de Cannactiva ne sont pas des médicaments et sont destinés à un usage externe. Consultez votre médecin avant d’utiliser du CBD.
Références scientifiques
- Calabrese, E. J., & Rubio-Casillas, A. (2018). Biphasic effects of THC in memory and cognition. European Journal of Clinical Investigation, 48(5), e12920.
- Taylor, D. A., & Fennessy, M. R. (1977). Biphasic nature of the effects of delta9-tetrahydrocannabinol on body temperature and brain amines of the rat. European Journal of Pharmacology, 46(2), 93–99.
- Katsidoni, V., Kastellakis, A., & Panagis, G. (2013). Biphasic effects of Δ9-tetrahydrocannabinol on brain stimulation reward and motor activity. The International Journal of Neuropsychopharmacology, 16(10), 2273–2284.
- Sulcova, E., Mechoulam, R., & Fride, E. (1998). Biphasic effects of anandamide. Pharmacology, Biochemistry, and Behavior, 59(2), 347–352.
- Jan, T. R., & Kaminski, N. E. (2001). Role of mitogen-activated protein kinases in the differential regulation of interleukin-2 by cannabinol. Journal of Leukocyte Biology, 69(5), 841–849.
- Chen, W., Kaplan, B. L., Pike, S. T., et al. (2012). Magnitude of stimulation dictates the cannabinoid-mediated differential T cell response to HIVgp120. Journal of Leukocyte Biology, 92(5), 1093–1102.
- Linares, I. M., Zuardi, A. W., Pereira, L. C., et al. (2019). Cannabidiol presents an inverted U-shaped dose-response curve in a simulated public speaking test. Revista Brasileira de Psiquiatria, 41(1), 9–14.
- Zuardi, A. W., Rodrigues, N. P., Silva, A. L., et al. (2017). Inverted U-Shaped Dose-Response Curve of the Anxiolytic Effect of Cannabidiol during Public Speaking in Real Life. Frontiers in Pharmacology, 8, 259.
- Zhornitsky, S., & Potvin, S. (2012). Cannabidiol in humans—the quest for therapeutic targets. Pharmaceuticals (Basel), 5(5), 529–552.
- Rey, A. A., Purrio, M., Viveros, M. P., & Lutz, B. (2012). Biphasic effects of cannabinoids in anxiety responses: CB1 and GABA(B) receptors in the balance of GABAergic and glutamatergic neurotransmission. Neuropsychopharmacology, 37(12), 2624–2634.



